Le soleil se lève avec paresse, après nous, déjà sur notre
31 bas-laine et pull. Non pas qu’on en ait jamais vu, mais plutôt qu’elles n’aient
jamais eu la chance de nous approcher, alors on va leur faire ce petit plaisir.
Qui ça ? Bah les Gramounes océanes,
les bossues de la Grande Bleue, les contestataires (cétacé !) des grands
fonds, les... Ok, je me tais. Les baleines quoi. Et puis survoler les flots au
rebond de boudins Zod’, ça titille méchamment l’envie. Pour l’occasion, nous
avons monté une escouade de « biologistes marins » qui, à défaut des
galons, ont la vocation.
Parmi ces intrépides de la cétologie, la légion
médicale z’oreilles est fortement
représentée : Camille, Tiphaine et Pauline (nos deux auto-stoppeuses d’une
après-midi plage un peu fraîche), Judith, Jade et Laëti. Côté mec, Sam le
pseudo-geek tatoué, Alban les 3 mains (il est DJ !), et moi…
Le rendez-vous est fixé à Saint-Gilles, où notre capitaine
Haddock version moustache soignée nous attend : Michel est scaphandrier et
il pilote un semi-rigide « L’Apogon »
qu’il met à disposition des badauds des mers contre une rétribution financière
tout à fait honnête. Et tels des aventuriers de la vie échappés de la pub
Mastercard, nous allions découvrir que sa compagnie n’a pas de prix.

Le port de Saint Gilles
Embarqués
en tenue d’observation, tongues/maillot de bain/lunettes de soleil/appareil
photo, nous quittons le port en direction du Sud, face à une houle modérée et
un vent Sud-Ouest habituel en cette saison. Michel nous explique sa tactique de
« chasse » : commencer à Trois Bassins et remonter ensuite la
côte, dos au vent, pour terminer en baie de Saint-Paul. Éviter les spots
fréquentés par les opérateurs de sorties en mer et s’assurer une relation plus
intimiste aux spécimens approchés. L’évidence même ce Michel. Très vite,
quelque chose surgit à quelques mètres du bateau filant à vive allure sur la
crête des vagues : l’espèce la plus redoutée du règne animal qui tient son
nom de ses dons au combat rapproché et auquel le Krav Maga doit ses lettres de
rudesse. La Tortue ! Un bon 80 cm pour celle-là, peut-être plus. Elle sort
la tête de l’eau et replonge aussitôt.

(Aparté scientifique : les tortues marines possèdent un
système respiratoire de type pulmonaire. Elles peuvent effectuer des apnées de
plusieurs heures et doivent ensuite reprendre leur respiration à la surface. 5
espèces différentes peuplent l’Océan Indien, visitez le site http://www.kelonia.org pour plus
d’informations.)
A peine vue, déjà disparue. Plusieurs autres montreront le
bout de leur bec au cours de la matinée. Impressionnant mais pas assez. C’est
que la bande, sous ses airs de touristes faussement épatés, est exigeante.
Nous, on veut des baleines !
Tandis que les flancs du Maïdo défilent à
l’arrière-plan, fendus de ravines et couronnés d’un voile cotonneux, une
montgolfière se dessine sur les hauteurs. Pour l’anecdote, elle se crashera sur
une maison un peu plus tard (info Clicanoo du lendemain). Les regards,
distraits un instant, se braquent à nouveau sur la lisière bosselée des flots,
à l’affût d’un souffle d’air ou d’une queue. Un bateau arrêté en « plaine-mer »
est également un indicateur très fiable. Celui qui se dessine à bâbord n’a pas
échappé à Michel. L’Apogon ralentit
tandis que la tension des événements rares sur le point de se produire saisit
la troupe entière. Le moteur coupé, chacun guette l’immensité alentour.

Le capitaine et son second

A la recherche des baleines 1

A la recherche des baleines 2
Et tout
à coup, ce qui devait arriver se produisit dans un fracas de corps : Jade
et Alban sortirent le tupperware qui renfermait les muffins au chocolat
spécialement préparés pour l’occasion. Bah quoi ?! Une balade en mer, ça
creuse... La bouche pleine, nous voici de nouveau dans l’attente, excités comme
des gamins au zoo, ce qui est exactement la situation à ce moment. Comme si,
pendant la visite des eaux, la parade des baleines était prévue à 10h20. Plus
que quelques secondes… Et c’est parti !
Il existe une charte d’approche des baleines : interdiction de naviguer à moins de 100 mètres des cétacés
observés, le bruit des moteurs et le nombre de bateaux étant des sources de
nuisance et de stress pour ces derniers.
Oui, mais voilà, lorsque les grands
mammifères marins sont en plongée, comment deviner l’endroit où ils referont
surface ?... Aussi, quelle surprise quand une femelle et son baleineau
surgissent à 20 mètres du bateau ! Moteur aussitôt coupé, nous sommes
happés par la vue de ces dos luisants qui ondulent à quelques brassées de nous.
Et le baleineau, curieux, bifurque même en direction de notre esquif, de plus
en plus frêle à mon goût. Imaginez, un baleineau fait plus d’une tonne à la
naissance quand une femelle adulte peut atteindre 20 mètres de long pour 12
mètres d’envergure !
J’essaie alors de me mettre à l’eau pour aller les
voir avec l’équipement de Michel. Mais la phobie des « dents
longues » est un mal réunionnais assez répandu ces derniers temps et le
bleu sans fond affole l’imaginaire. A peine dans l’eau, déjà sorti !
Nous restons une bonne heure sur place, au large de Trois
Bassins. Impressionnant mais pas assez. Nous, on veut des baleines qui sautent.
Michel remet les gaz : 20 minutes plus tard, nous voici en baie de
Saint-Paul. Les bateaux sont plus nombreux, les baleines aussi. Un cercle se
forme comme les contours d’une scène où, immanquablement, deux mangeuses de plancton se donnent en
spectacle. Hé que je me roule sur moi-même ! Hé que je fais splash avec ma queue ! Hé que je
suis un cousin de Willy et que moi aussi je peux montrer mon corps de baleine à
tout le monde ! Impressionnant…
Camille et moi décidons de nous mesurer à la
température de l’eau avant que l’on se rentre tous au port, repus de jolis
moments et légèrement rougis de soleil.

Un loup de mer qui rentre au bercail, ça salue à tout va...
La prochaine fois, on veut des dauphins !
En attendant, vu que les balades en mer ça creuse et qu’y avait un faiseur d’hamburgers
plutôt fameux dans le coin… Hé bin, je ne vous fais pas de dessin. Juste une dernière
photo :)

(Aparté scientifique : les tortues marines possèdent un système respiratoire de type pulmonaire. Elles peuvent effectuer des apnées de plusieurs heures et doivent ensuite reprendre leur respiration à la surface. 5 espèces différentes peuplent l’Océan Indien, visitez le site http://www.kelonia.org pour plus d’informations.)
A peine vue, déjà disparue. Plusieurs autres montreront le bout de leur bec au cours de la matinée. Impressionnant mais pas assez. C’est que la bande, sous ses airs de touristes faussement épatés, est exigeante. Nous, on veut des baleines !
Il existe une charte d’approche des baleines : interdiction de naviguer à moins de 100 mètres des cétacés observés, le bruit des moteurs et le nombre de bateaux étant des sources de nuisance et de stress pour ces derniers.
Nous restons une bonne heure sur place, au large de Trois Bassins. Impressionnant mais pas assez. Nous, on veut des baleines qui sautent. Michel remet les gaz : 20 minutes plus tard, nous voici en baie de Saint-Paul. Les bateaux sont plus nombreux, les baleines aussi. Un cercle se forme comme les contours d’une scène où, immanquablement, deux mangeuses de plancton se donnent en spectacle. Hé que je me roule sur moi-même ! Hé que je fais splash avec ma queue ! Hé que je suis un cousin de Willy et que moi aussi je peux montrer mon corps de baleine à tout le monde ! Impressionnant…

| Yépa ! |

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